texas border watcher

Auteur maniaxmemori dans video, rezo, watchout, divers, activism — maniaxmemori dim 12 nov 2006 18:56

Vous aussi, faites tranquillement de la délation depuis chez vous, en scrutant l’image de 12 webcams placées à la frontière mexicaine. Inscription rapide (30 secondes chrono! ) et hop vous pouvez d’ores et déjà signaler un comportement illicite sur un magnifique bouton flash tout rond. Le jeu de Martin Lechevallier grandeur nature. Un Mexicain tentant d’entrer en fraude ? Un clic suffit. Attention, si la personne peut prouver son innocence, vous perdez un point (mais soyez sans inquiétude, cela n’arrive que rarement.)

 Il faut absolument que je fasse quelque chose avec ça. Douglas Edric Stanley m’a proposé de poster un message sur www.rtmark.com (mais le protester semble être pour l’instant en bêta buggé) pour faire un appel au spam automatique, et ainsi créer une véritable invasion mexicaine. Mexican Invadaz ? Texas Take Back ?

VIGILANCE | http://www.martinlechevallier.net/vigilance.html jeu de délation téléchargeable (mac & pc)

vigilance 

TEXAS BORDER WATCH | http://texasborderwatch.com jeu de délation en ligne

images de webcam de texas border watch

=|= dialectique du mat

Auteur maniaxmemori dans theorie, code, sonic, rezo, watchout, interface, tempus, chess synthesis — maniaxmemori dim 4 juin 2006 16:24

Je mets ici à disposition le pdf de mon mémoire de fin d’année (dont sont repris quelques textes théoriques publiés précédement) sur la thématique des échecs. Une partie exemplaire du génie Paul Morphy contre le duc de Brunswick en 1858 sert de prétexte à l’exploration de problématiques de l’art contemporain, essentiellement dans le domaine des nouveaux médias.

 Cliquez sur l’image pour télécharger le pdf :

 

de l’information

Auteur maniaxmemori dans theorie, code, rezo, watchout, chess synthesis — maniaxmemori sam 3 juin 2006 14:51

Afin de garder la trace d’une partie d’échecs, on utilise plusieurs types de code, dont le plus répandu est la notation algébrique. Ce codage officiel permet à quiconque, et simplement, de reproduire une partie à l’infini. Cependant sans interprétation, le code en lui-même ne signifie absolument rien.

Saussure a établi la distinction entre signifiant et signifié. Le signifié désigne, par exemple, l’objet-table, tandis que le signifiant est le mot table lui-même. Sur Internet se développe actuellement une scission similaire, avec le W3C notamment et la création du format Css : l’information proprement dite d’une page (le texte d’un article) tend à être totalement coupée de sa représentation (l’environnement Spip par exemple). Mis à part les raisons pratiques de ce changement, comme la fin des sites à double, voire à tripe entrée - flash ou html ? exemple qui amène à des structures frankensteinesques – l’intérêt de cette séparation se situe dans la capacité infiniment plus modulaire et rhizomatique de présenter l’information, n’importe quelle information.

A l’ère du numérique où le concept de la désincarnation du corps est plus que consommé, on observe qu’il ne s’applique pas seulement au corps, mais aux objets et à la matérialité en général. L’information est devenue une « qualité » abstraite, non-signifiante, et susceptible de passer avec fluidité d’un état de matérialité à un autre.

De nombreux artistes ont tenté de manipuler la matière abstraite et brute de l’information qui circule sur le web; et le projet Carnivore fut déterminant dans ce domaine. Inspiré par un sniffer (application de « mise en écoute » des réseaux) éponyme du FBI, Carnivore permit notemment à Lisa Jevbratt de réaliser 1:1, une sorte de carte des réseaux. Son programme scanne toutes les adresses disponibles de la toile, et chaque réponse est affichée sur l’écran par un pixel de couleur. Tous ces pixels réunis forment une carte du monde du web qui réunit représentations symbolique et utilitaire. Jevbratt propose également des comparatifs de ses cartes sur quelques années d’intervalle, où l’on peut constater l’évolution et l’expansion du web.

Cette oeuvre est cependant l’une des applications les plus intéressantes de Carnivore, car elle questionne la problématique de la cartographie et de la représentation d’un espace abstrait. De nombreuses autres oeuvres de ce type ne sont le plus souvent qu’une illustration - parfois certes très esthétique - d’un flux, de chiffres crachés par un site comme celui de CNN, et qui nous donne à voir des pixels blancs et noirs qui bougent, et encore, et encore.

de la combinaison

Auteur maniaxmemori dans theorie, code, watchout, tempus, chess synthesis — maniaxmemori mer 31 mai 2006 3:56

1/ diachronique

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, lors d’une partie d’échecs, un grand maître anticipe rarement plus qu’un débutant, et n’examine généralement qu’un très petit nombre de coups possibles. Sa perception est filtrée, et il ne voit littéralement pas les mauvais coups, comme un débutant ne voit pas les coups interdits.

Il pense à un niveau supérieur ; il ne perd pas de temps à analyser les situations inutiles. Pour l’intelligence humaine, comme pour les machines (abstraites ou non), il existe différents niveaux ou strates de réalité et d’effiscience.

C’est ce que Douglas Hofstadter s’évertue à nous expliquer dans Gödel, Escher et Bach : un logiciel n’a pas conscience du système d’exploitation dans lequel il est exécuté, comme nous-mêmes, ne pouvons intervenir à un étage inférieur de perception, comme celui de la digestion par exemple.

 Hofstadter montrait un jour à des amis le programme Parry, logiciel paranoïaque de simulation de langage. Alors qu’ils discutaient avec le programme, une erreur système est survenue et un texte d’erreur s’est affiché. Ils ne comprenaient pas pourquoi le programme, qui semblait si intelligent, ne parvenait pas à comprendre le message d’erreur. Mais leur question était du même ordre que s’ils vous avaient demandé : « pourquoi produisez-vous si peu de globules rouges aujourd’hui ? »

Dans le concept de l’émergence, qui se résume généralement par la formule simple : « le tout est supérieur à – est différent de – la somme de ses parties, » les propriétés nouvelles que l’on observe sont situées à une dimension supérieure.

Dans ce domaine, le célèbre automate cellulaire de Conway, le jeu de la vie, se compose d’une matrice et de pixels définis aléatoirement au départ. Des règles simples agissent sur ces pixels (les cellules) qui déterminent leur survie ou non, et de génération en génération, on peut observer se développer une véritable organisation et des schèmes de population. Si nous pouvons y percevoir tout cela, chaque pixel lui, n’en a évidemment absolument pas conscience.

Mais ce qui est fascinant dans un programme comme le jeu de la vie, c’est qu’a priori, il est absolument imprédictible. Pour connaître la 1000ème étape, il est nécessaire de réaliser les 999 précédentes, car il n’existe aucun raccourci qui permette de connaître directement l’état de l’automate. On parle d’émergence diachronique.

Chaque état amène donc le suivant, et ainsi de suite, et par ce fait c’est un processus infini. Car même si, une fois le système stabilisé, on a tour à tour un carré puis un rectangle (puis de nouveau le carré, etc.) on n’en atteint pas les limites pour autant. C’est la relation entre chaque génération qui compte, et non l’état en lui-même. Ce qui en fait un programme foncièrement indéterministe.

 

2/ synchronique

Le jeu d’échecs est bien évidemment le jeu de la combinaison par excellence. Mais il n’est pas que cela. Si le nombre de configurations possibles est calculable, on ne peut déterminer le nombre de parties possibles, car ce nombre est infini.

 En ce qui concerne la combinaison pure et dure, prenons l’exemple de every icon de John Simon Jr. Nous avons affaire là aussi, comme dans le jeu de la vie, à une matrice composée de pixels noirs (quand arriverons-nous enfin à nous dégager des grilles et des carrés ?) Partant d’une grille blanche, Simon donne à voir toutes les possibilités d’image sur une grille de 32 par 32 pixels, jusqu’à un écran noir final. Ce processus est démesurément long (plusieurs milliards d’années) mais il n’est pas infini. Le nombre de possibilités est de 2 à la puissance 32 (la première moitié d’un échiquier de Sissa.) Simon a lancé son programme à une heure précise, le 27 janvier 1997. Lorsqu’on va l’observer, le programme analyse l’heure actuelle et affiche le résultat en conséquence, ce qui permet d’éteindre la machine et de pouvoir y revenir, sans qu’il n’y ait eu d’interruption (subjective) du processus.

Cette pièce, magnifique œuvre de mesure, qui ressemble tant graphiquement au jeu de la vie, en est pourtant fondamentalement différente : on peut déterminer précisément et directement l’image qui sera affichée, dans un millénaire par exemple. Sa différence et sa limite tient au fait que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, son processus ne tient pas compte du temps, ou plutôt ne possède pas de temporalité intrinsèque.

de la transposition du code

Auteur maniaxmemori dans theorie, code, watchout, chess synthesis — maniaxmemori mer 31 mai 2006 3:53

  gena & napier

Jean-Jacques Rousseau avait tenté de développer son propre système d’écriture musicale. Dans le projet chessynthesis que je développe actuellement, c’est la notation algébrique du jeu d’échecs lui-même qui devient partition. Mon projet consiste à transcoder l’information de la position des pièces lors d’une partie en une composition musicale. Avec l’avènement du numérique, on peut aisément convertir n’importe quelle donnée en n’importe quelle autre, et c’est pour cela que, plus que la simple position des pièces, c’est toute l’incidence stratégique et tactique des configurations qui est interprétée.

Car l’écueil dans ce domaine est de sombrer dans un transcodage pour le transcodage, qui se révèle finalement asignifiant.

Peter Gena a transposé le génome humain en musique. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le résultat n’a pas été forcément saisissant. Ce n’est pas parce que le matériau initial est riche d’un point de vue symbolique que son interprétation sonore doit s’avérer pertinente. Là où Gena frappe fort à mon sens, c’est lorsqu’il transpose l’ADN de la fibrose cystique (cause de la mort de Chopin) en partition pour piano. En nommant sa composition Chopin’s Catarrh (nocturnes), il place son oeuvre dans un contexte historique qui lui redonne tout son sens.

On peut également citer Vuk Cosic, dont la démarche pour deep ascii est représentative de la tendance de «l’archeologie des nouveaux medias.» En transposant le film X deep throat en caractères ascii (standard américain de symboles typographiques), il critique la logique utilitaire qui sous-tend le développement des nouveaux médias, et pousse le transcodage jusqu’à l’absurde par ce mode de représentation archaïque.

Signalons enfin la démarche de Mark Napier, qui avec shredder propose une réorganisation de toutes les pages disponibles sur le www. Son programme demande l’adresse d’une page web, puis il analyse le contenu et le réorganise de façon chaotique. Mais pas tant chaotique que cela, et c’est là que se révèle l’intérêt du projet: l’algorythme conçu génère toujours le même style de représentation, qui rappelle les peintures de Gerhard Richter, et qui témoigne du propre passé de peintre de Napier.

Les problématiques de ces différents projets, bien qu’hétérogènes, nous permettent néanmoins d’entrevoir des pistes assez excitantes de recherches.

maniax shreddered

Auteur maniaxmemori dans ego, code, fun, watchout — maniaxmemori ven 12 mai 2006 14:24

visionnez la page raw de maniax|memori.net maltraitée par le shredder de Mark Napier en cliquant ici

[site officiel de Mark Napier]

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